
Enfin…
2 semaines auparavant, c’est la première fois.
30 euros le ticket de participation, 6 tables de 11 joueurs réunis dans une grande salle. Environ 550 euros pour le vainqueur, les 9 premiers touchent, le neuvième repart à la maison avec sa mise en poche.
Nous voici donc installés. Au départ, les paramètres nouveaux à gérer incitent à la prudence. Vieux habitués, vitesse de jeu, nouvelles règles assimiler… L’oeil s’adapte, les cartes aidant, la confiance devient mère de l’audace. Une belle main, paire de valets et tout de suite le coeur s’emballe. Relance, tapis et premier gros coup. Un téméraire décide de suivre, mal lui en prend, je gagne. La partie est lancée.
Les coups se suivent, j’attends, je scrute les écrans indiquant toutes les infos : nombres de joueurs encore en jeu, cheap moyen, compte à rebours avant la prochaine augmentation de blinde. Je baisse les yeux, soulève discrètement le haut de mes cartes… la main suprême ! Paire d’as, le fameux “American Airlines”. Je relance fébrilement, mais trop. Personne ne s’accroche et je ne remporte que quelques piécettes. Mal joué.
Les mains passent, les blindes augmentent, je perds peu à peu. Nous ne sommes plus que 15, à quelques encablures seulement de la table finale. Sans jeu, sans veine, et sans le sou je quitte le tournoi sur ma big blinde, affublé de deux vilaines cartes.
Je reviendrai…


Et si, finalement le natif de Pau n’avait pas réussi son coup ? Certes, le leader centriste n’est pas au deuxième tour. Il en tire une légitime déception. Galvanisé par sa formidable percée printanière dans les sondages, les instituts d’opinion le placent alors sur les talons de Ségolène Royal, il est donné gagnant dans tous les cas de figure au deuxième tour. Bref, le fier pyrénéen s’y voyait déjà. Seulement, les urnes offrent à la France le duel tant attendu. Bayrou est relégué en troisième position mais séduit tout de même près de 7 millions de citoyens et devient ainsi la clé du 2ème tour.
L’autre soir, je me suis installé dans le fauteuil, main dans le slip et bière-pizza à portée de main, paré à suivre l’évènement sportif télévisuel de l’année : le premier tour des élections présidentielles de la République Française. Je dis bien sportif car il est étonnant de noter les multiples similitudes existant entre une élection majeure et un match de foot. Quoi d’autre pour rassembler 20 millions de Français devant leur télé, nourrir les discussions de comptoir enflammées, provoquer la liesse dans les rues de l’hexagone ? Sport et politique déchaînent les passions, déchirent parfois les familles et partagent « LE » joujou extra pour faire vibrer les foules : un scénario jamais écrit d’avance.Mais enfin, je m’éloigne de la thématique principale de cette note. Me voilà donc bien assis, les premières estimations tombent. Triomphe de l’infatigable Sarko. Averti depuis 18 h30, le bougre a bien rodé son show. Son discours est prévu à la salle Gaveau. Mais à 20 heures, l’homme aux 30% se trouve à son QG de campagne, à quelques encablures de là. Il va donc falloir se déplacer, humer l’air d’un Paris prêt à fêter son héros.